Lorsque l’on pose la question des représentations des identités sociales ou ethniques, du vieillissement ou encore de la fragilité, il importe d’avoir à l’esprit que ces notions sont relatives, culturelles et évolutives. Le rapport à l’âge, par exemple, dépend, en large partie, des représentations d’un environnement, des origines sociales, du statut et du sentiment d’appartenance de la personne, mais aussi de réalités objectives (par exemple, il y a un écart de 8 ans d’espérance de vie entre un OS et un cadre supérieur) qui participent aux représentations de soi et du monde des personnes.
L’individu est un métis social qui du coup a plus de mal à trouver ses références seulement dans une culture collective, dans une histoire politique ou générationnelle. Mais dans le même temps la conscience de ce métissage social nous ouvre à l’autonomie. Nous apprenons de la vie, la vie nous apprends sur nous. L’apprentissage est complexe, protéiforme et nuancé. Les événements et les situations ne produisent pas les mêmes effets, les mêmes constructions sur chacun d’entre nous. Dits-toi que toutes les religions n’en apprennent pas plus que la confiserie, écrivait Fernando Pessoa .
La France se métisse aussi sur le plan ethnique. Le pays est historiquement un pays d’immigration (à l’inverse de l’Espagne, du Portugal, de l’Italie ou encore de l’Irlande), même si elle se caractérise dans la dernière période par un moindre afflux de migrants que la plupart des autres nations européennes – en particulier parce que sa démographie est la plus dynamique d’Europe-. Pourtant, les enfants de migrants principalement ceux issus d’Afrique du Nord ou subsaharienne, même ceux de la troisième génération, sont encore renvoyés à leur origine comme seule définition de leur identité. A l’heure des identités multiples, il y a quelque chose de tragique à refuser cette pluralité à ces jeunes – et moins jeunes-, au lieu d’en faire une source de richesse supplémentaire pour la collectivité. Tragique d’autant plus qu’à l’avenir, toute pousse à penser que les flux migratoires vont se poursuivre, pour des raisons d’abord économiques, mais aussi pour des raisons climatiques.
Néanmoins, il est intéressant de souligner, là aussi, le travail des sociétés, la complexité des choses, la puissance de la nuance et la dialectique constante des interférences entre les cultures. Le mouvement n’est pas homogène et unidirectionnel. Il ne s’agit pas seulement de croire à une uniformisation du monde sous la pression de la mondialisation marchande : elle existe mais rencontre aussi l’anthropologie des peuples, la puissance du fait historique, la permanence de réflexes culturels et sociaux…
Serge Guérin
mercredi 30 décembre 2009
Métissages pluriels
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Libellés : identité, métissage social, société
vendredi 1 mai 2009
Repenser la notion d’activité
Les mots ne sont jamais neutres. Ainsi ce la cassure actif/inactif. Ainsi on défini les femmes au foyer ou les retraités comme des inactifs. Pour les retraités, on parle des inactifs de plus de 60 ans…
Mais l’activité est-elle seulement définie par le rapport au travail, qu’il soit salarié ou non ? Chacun d’entre nous connaît des « actifs » fort peu actifs et des « inactifs » particulièrement actifs… Mieux, même, dans certains cas, certains actifs ferraient mieux d’être… plus inactifs.
Ainsi parmi les 13 millions de retraités, bon nombre d'entre eux participent de multiples façons à la vie sociale, à la bonne marche de la communauté, au développement de la Cité. Que serait d'ailleurs le monde associatif sans les millions de bénévoles actifs de plus de 60 ans, que deviendrait la vie communale sans les 30 % d’élus qui bien qu’officiellement inactifs passent la majeure partie de leur temps au service des autres ?
Et que dire des solidarités de proximité ? Combien de familles tiennent le coup grâce aux coups de mains multiples de grands-parents : garde des enfants, accueil à la maison, bricolage et aides diverses, aide monétaire, aide aux devoirs… La liste est sans fin.
De la même façon, il est impossible de faire une liste exhaustive des aides apportés par les « inactifs de plus de 60 ans » à leurs voisins ou à leurs amis dans la vie quotidienne comme dans le partage d’expérience.
Les mots ne sont jamais neutres et traduisent un jugement, des représentations d’une situation. Il serait donc temps, là aussi, de changer les images, d’aider à moderniser les regards et les références.
Il ne s’agit pas d’un sujet anecdotique. Ce qui est en jeu, c’est bien la compréhension par la sphère sociale de cette révolution liée à la rupture démographique : les formes d’activité continuent de se diversifier et la notion de retraite sera de moins en moins associé à celle de retrait de la vie économique et citoyenne.
Serge Guérin
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Libellés : lien social, société
dimanche 22 mars 2009
Un cheque républicain en réponse à la crise de la presse
Partant du constat que la crise de la presse s'explique en partie par le fait que les jeunes perdent le réflexe d’aller s’informer par la presse, de passer par un kiosque pour ouvrir une fenêtre sur le monde, avec Philippe Robinet, directeur de Oh ! Editions, nous avons proposé d’instituer un chéquier Républicain qui serait remis à tous ceux qui viennent d'avoir 18 ans. Un citoyen majeur est un citoyen informé. Cette mesure forte sur l’idée qu’un nouveau lecteur de circonstance se transforme en acheteur de conviction à partir du moment où on lui permet de « rencontrer », de tester différents titres de presse. Nous proposons qu’au moment de ses 18 ans, le jeune qui entre dans la plénitude de ses droits civiques, puisse se voir proposer un chéquier presse équivalent à 50 euros (une quinzaine de magazines, une quarantaine de quotidiens). Les cheques pouvant être échangés contre n’importe quel journal ou magazine distribués en kiosque. Avec son cheque, le jeune citoyen pourra essayer un titre puis un autre… Il pourra ainsi mesurer combien en France la presse est diverse, riche et multiple. Il verra aussi qu’un kiosque est un lieu d’échange, de discussion, de rencontre. Le kiosque est un concentré de vie avec ses contradictions, ses surprises et ses étonnements. Il ne s’agit en aucune façon d’imposer un type de presse, d’opposer des journaux nobles à des magazines vulgaires mais bien au contraire de faire confiance à chacun, de laisser le libre-arbitre, le désir, la curiosité se manifester et créer une dynamique. À défaut d’un engagement national, les Régions, les Départements ou les communes qui le souhaitent pourraient tester ce « chéquier-presse ». L’expérimentation sociale a montré son intérêt. À la suite de notre appel publié le 24 décembre dans Le Monde, plusieurs villes se sont intéressées à l’idée. C’est à Othis, le 14 mars 2009, que le premier chéquier républicain a été remis aux jeunes ayant eu 18 ans dans l’année. Il y avait une symbolique forte à voir ces jeunes se saisir de leur première carte d’électeur en même temps que de ce chéquier presse. La ville d’Asnières, plusieurs communes dans les Alpes-Maritime et en région Rhône-Alpes, ont d’ores et déjà prévu d’adopter notre formule. Comme quoi la presse a bien une influence puisque tout est partie d’une tribune… La démocratie est un combat sans fin qui nécessite des citoyens aussi bien formés qu’informés. La presse, au sens du droit à l’information critique et pluraliste, comme la santé ou l’éducation, participe des droits humains essentiels. Si elle a un coût, elle n’a pas de prix et peut s’insérer dans une politique publique affirmant le droit pour tous à une protection sociale. Pouvoir s’informer pour pouvoir décider Il n’y a pas de fatalité du déclin lorsque la volonté d’agir est là. La presse écrite n’est pas condamnée au Tribunal de l’histoire, mais elle est condamnée à innover, à prendre l’offensive, à récuser la morale de la défaite. C’est essentiel, il en est de notre liberté de la presse et donc de notre démocratie.
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Libellés : médias, presse, République, société
mercredi 11 février 2009
La révolution du service
La crise actuelle est plus qu’une crise cyclique. Elle remet en cause une large part des logiques d’accumulation qui président au développement du capitalisme. Elle signe, peut être, l’an 1 de l’ère du service
L’un des premiers à nous avoir alerté reste Jeremy Rifkin, (L’Âge de l’accès. La nouvelle culture du capitalisme, La Découverte). La notion de marché est progressivement remplacée par celle de réseaux, les biens n’ont d’intérêt que s’ils sont accompagnés de services… On n’achète plus, on utilise. La notion d’accès se substitue à celle de propriété.
Ainsi, ce n’est pas le logement qui importe mais l’accès qu’il permet à des services internes (confort, espace…) comme externes (magasins, écoles à proximité…). La voiture est de moins en moins un bien statutaire pour devenir un mode de transport permettant de répondre aux nécessité de la mobilité.
La peur de ne plus pouvoir faire face à l’endettement, la prise de conscience de l’impact écologique et de la faiblesse des durées de vie des produits, et la compréhension que l’accroissement de l’espérance de vie aura des conséquences croissantes en termes de besoins de services personnalisés, rend essentiel pour chaque individu l’abonnement ou l’adhésion à des plateformes de services. Notre statut social sera largement mesuré par le niveau et la qualité de l’accès à des services. L’exemple de l’habitat et du quartier montre bien le lien statut/services.
Pierre Cahuc et Michèle Debonneuil, dans un rapport remis en 2004 pour le Conseil d’analyse économique, ont cherché à alerter sur l’importance pour l’économie et l’emploi (mais aussi pour le bien être) du développement des services. L’enjeu se calcule en millions d’emplois. Des emplois producteurs de lien social, non délocalisables et concernant des profils peu comme très qualifiés et dont l’empreinte écologique reste réduite
Nous produisons la société autant qu’elle nous forge. Aujourd’hui elle est inquiète de son devenir, de sa pérennité. A travers son principe de responsabilité, Hans Jonas a montré, voici plus de 30 ans, que nos destins sont liés à notre environnement. La société des services ouvre, sans doute, la perspective d’un développement plus équitable sur le plan social et écologique.
Serge Guérin
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mercredi, février 11, 2009
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samedi 6 décembre 2008
La ville, espace de démocratie et volontarisme
La ville se pense aujourd’hui aussi comme un formidable dispensateur de services devant s’adapter au mieux aux modes de vie des uns et des autres. La ville n’est pas la simple organisation de l’habitat et des transports mais bien une plateforme polymorphe pour répondre à la diversité des façons de vivre.
Avec le rallongement probable de vie de travail et l’allongement de la vie, les collectivités devront fournir de plus en plus de services et d’infrastructures pour faciliter la vie dans la Cité au travail (aide à la recherche de solutions de gardes pour les jeunes enfants ou les personnes fragilisées, démarches administratives...). Il importe aussi que les territoires puissent prévoir les conséquences du changement démographique et de la diversité croissante des nouvelles attentes des personnes concernées. Les schémas gérontologiques, sont un exemple de cette volonté de bâtir des politiques volontaristes en fonction d’objectifs construits par le consensus de la société civile. Ils montrent l’importance sont des outils d’entraînement et de globalisation des moyens et des perspectives. Ils sont essentiels pour tenter d’adapter en amont les infrastructures et les formes de la ville à la l’évolution de la société et de la démographie vieillissement. Il est aussi vital de penser la ville et son espace comme des lieux de croisements et de rencontre mais aussi comme des sphères permettant l’évitement, les rythmes différents, les moments d’intimité et de recul.
De plus en plus d’acteurs entendent prendre en compte la globalité des enjeux et les nécessités de l’accompagnement des publics sous toutes ses formes. Il s’agit bien de prévoir, d’anticiper et d’inscrire la réalité de l’allongement de la vie, les effets des mutations de la famille ou l’impact de la précarisation croissante d’une large part des salariés, dans le cadre d’une politique globale des territoires.
Signalons aussi le rôle dans la construction du consensus et dans la prise de conscience des enjeux socio-démographique que peut tenir le Conseil économique et social de Région dans cette optique de mobilisation des intelligences pour adapter le territoire à la réalité démographique dans sa diversité. Il n’est pas inintéressant de voir que des villes comme Metz mettent en place un Conseil Economique et Social au niveau de la ville pour là aussi permettre l’expression et le travail en commun d’acteurs représentatifs de la société civile au niveau du local. Rajoutons que l’outil de coopération locale qu’est le SCOT (Schéma de cohérence territorial) en ce qu’il intervient au niveau du bassin de vie et qu’il cherche à traiter aussi bien les transports que le cadre de vie, apparaît comme un moyen intéressant et bien situé pour améliorer le lien entre dynamique des territoires et changement de modes de vie.
Serge Guérin
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samedi, décembre 06, 2008
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Libellés : prospective sociale, société, ville
lundi 10 novembre 2008
La protection sociale au temps de l’individu
Honneth a montré combien cette notion de reconnaissance était centrale dans la construction de l’identité de soi mais aussi d’un projet collectif (La société du mépris, La Découverte).
En fait individualisation rime avec besoin de reconnaissance et refus du mépris.
Dans cette optique, il est essentiel de renouveler le lien entre emploi et protection sociale. Pourquoi ne pas inventer un contrat de travail associé au salarié plutôt qu’à l’entreprise ? Il s’agirait d’assurer la permanence d’une protection sociale, de droits à se former et de revenu pour des personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas nécessairement obtenir un emploi en continue. Cela concerne aussi bien les métiers artistiques que les seniors ou les nouveaux parents désireux d'organiser autrement leur temps social. Cette approche favoriserait aussi l’activité de salariés dans le monde associatif ou dans un bassin d’activité en étant employés par plusieurs petites entreprises. Ce système évitant aux employeurs comme aux salariés de multiplier les contraintes administratives et les freins liés à la méconnaissance des formes d’emploi non standardisés. A partir de la situation des intermittents du spectacle et des revendications pour conserver un système adapté à une situation singulière, les économistes Antonella Corsani et Maurizio Lazzarato ont pour leur part développé, dans un ouvrage passionnant, solide et construit sur une enquête sociologique de fond, un modèle de régime d’indemnisation utilisable pour des actifs en emploi non stable (Intermittents et précaires, Amsterdam). Leur réflexion, à discuter car parfois un peu rigide, rejoint les travaux de Gorz et ouvre des pistes qui font écho à une autre approche de la société de l'individuation.
En fait, c’est la question d’un nouveau compromis social plus favorable au travail et qui prenne la mesure de la plasticité croissante des formes d’emplois et d’activité qui est posé.
Il faut inventer de nouvelles formes de salariat pour répondre aux défis de la société de l’individu. Une société qui n'est pas nécessairement seulement ouverte aux vents de l'égoïsme.
Serge Guérin
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lundi, novembre 10, 2008
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vendredi 24 octobre 2008
Vers un capitalisme au féminin
Le travail des femmes fut le marqueur de la seconde moitié du XXème siècle. L’emploi féminin a transformé les usages sociaux, produisant une nouvelle répartition des temps domestiques et professionnels avec l’appel croissant à des professionnels rémunérés ou des structures de services pour la garde d’enfants ou différents travaux ménagers.
Surtout les femmes sont devenues des acteurs bien plus autonomes financièrement et culturellement pour décider de leur vie personnelle. Les études et l'activité professionnelle ont ouvert aussi un espace bien plus large de possibles, de libertés culturelles et de "choix" de partenaires potentiels. Les femmes font de plus en plus des enfants selon leur agenda propre où la problématique professionnelle entre largement en ligne de compte. Ainsi l'âge moyen du premier enfant est-il proche de 30 ans. En termes de prospective sociale, dans les années à venir, la consommation sera de plus en plus co-produite par les femmes pour elles ou pour leurs proches. Mais cette consommation ne va pas seulement concerner des biens et des services traditionnels. Elles vont orienter les formes des produits comme les façons de les vendres. Surtout la demande sociale concernera de plus en plus des produits et des services permettant le respect de l'environnement, le développement de sa propre autonomie et la prise en compte de l'autre, enfant comme parent vieillissant.
On peut prévoir que d'ici à 2025, les femmes feront des enfants de plus en plus tard ou n'hésiteront pas à adopter y compris après 40 ans, contraignant les entreprises comme l'Etat à s'adapter.
L'avenir du capitalisme devrait se conjuguer au féminin.
Serge Guérin
On peut aussi retrouver des contributions de prospective sociale sur le site France2025
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vendredi, octobre 24, 2008
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Libellés : France 2025, lien social, prospective sociale, société
mercredi 3 septembre 2008
La flexicurité, comme socle évolutif d’une société de la solidarité de proximité
Adopté en décembre 2007 par le Conseil Européen, la notion de flexicurité progresse rapidement dans le débat français. Elle est au centre de l’accord national interprofessionnel signé le 11 janvier 2008 par l’ensemble des partenaires sociaux à l’exception de la CGT.
La flexicurité repose sur quatre axes (contrat de travail, formation, politiques de l’emploi et protection sociale) destiné à favoriser l’adaptation des entreprises à un marché de plus en plus mouvant sans précariser à outrance les salariés. La flexicurité entend inventer un nouveau modèle où la souplesse croissante du contrat de travail serait contrebalancée par un engagement solide en faveur de l’accompagnement social et économique des salariés sur la durée. Cette nouvelle donne implique très clairement de changer de paradigme tant la question de la formation (fin du « totem » du diplôme et possibilité de se former en fonction de son bagage de départ et à partir d’un projet professionnel ou de vie) que sur celle de la relation à l’employeur (capitalisation des périodes et des formes d’activités qu’elles soient salariés ou non ouvrant droit à l’ensemble des prestations sociales).
Mais cette approche qui touche d’abord aux représentations du travail et de la relation hiérarchique, se développe dans une perspective de vieillissement de la population, d’allongement de l’espérance de vie des personnes atteintes de maladies chroniques et de mobilité sociale et professionnelle croissante. Aussi, l’enjeu de la flexicurité dépasse largement le cadre actuel. Elle concerne aussi bien la question du logement que celle du soutien aux aidants de proximité.
En effet l’un des éléments qui contribue à précariser l’employé tient à son accès de plus en plus difficile au logement, en termes de prix et de localisation. Par ailleurs, le différentiel de coût d’un logement participe des freins à la mobilité des salariés.
Sur un autre plan, il apparaît bien que l’entreprise et la collectivité peuvent difficilement faire comme si de nombreux salariés et autres actifs n’avaient pas de parents vieillissants à aider, d’enfants, de compagnon ou de compagne malade chronique à soutenir. Les styles de vie et les contraintes sociales de proximité jouent directement sur la disponibilité des personnes et sur leur engagement. La question de la conciliation vie privée et vie professionnelle est, et sera de plus en plus, un élément déterminant de la relation des individus à l’entreprise.
La flexicurité s’inscrit largement dans cette société de la solidarité de proximité qui devrait émerger dans les années qui viennent et qui va renouveler le contrat social initié dans les années 45.
Serge Guérin
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mercredi, septembre 03, 2008
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Libellés : Emploi des seniors, lien social, société
mardi 19 août 2008
Fin du pétrole et société de la frugalité douce
Selon les prospectives les plus récentes, les réserves de pétrole ne devraient assurer que 50 ans d’autonomie. Méfions-nous toujours des prophéties et notons que plus le prix du pétrole est élevé et plus les recherches et les applications de dérivés deviennent intéressantes, motivantes puisque rentables. Cela peut faire changer beaucoup de choses !
Reste que, il nous faudra apprendre à vivre autrement.
Dans un pays moderne, où l’information s’est largement démocratisée, la confiance entre décideurs et citoyens est essentielle au maintien du pacte social. Des efforts peuvent être demandés si chacun à l’impression d’une relative équité. Rawls l’a bien démontré en son temps. Tocqueville le premier a mis en exergue la volonté de chacun d’être aussi égal que l’autre. Or, aujourd’hui chacun croit connaître les privilèges – ou considérés comme tel- des autres et chacun pense que c’est à l’autre de faire des efforts.
Tout cela est assez normal… Sauf que ceux qui ont la charge de demander der efforts, que cela soit dans le champ du politique comme dans celui de l’économique, sont aussi sous la lumière. Le fait que l’individu lambda puisse connaître, ou croire connaître, leurs revenus, stock option et autres arrangements vient entamer la confiance et rendre inaudible un discours sur l’effort et la patience.
Dans une démocratie d’opinion, l’exemple est vertu. JF Lyotard, (La condition post-moderne, Minuit) avait montré la perte de légitimité des grands récits, pour autant le récit individuel devient témoignage et preuve d’engagement dans l’action. Il contribue à sa légitimité.
Nous entrons à reculons dans une société de la frugalité douce. Cela nécessite d’inventer un autre paradigme et d’autres valeurs. La nécessité d’aller vers une société de la frugalité qu’Hans Jonas avait déjà annoncé dès 1979 (Le Principe responsabilité, Flammarion), vient en contradiction fracassante avec les images et l’idéologie véhiculées par les médias et en particulier la télévision. La hausse du pétrole va nous contraindre à changer mais pour cela un immense travail de pédagogie et de médiatisation sera nécessaire pour faire évoluer nos représentations.
Serge Guérin
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mardi, août 19, 2008
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Libellés : société
mardi 13 mai 2008
Déficit de confiance, déficit d’avenir
Ce qui mine le plus la France, ce n’est pas sa culture du conservatisme ni son incapacité à se réformer dans le consensus. Non l’enjeu central c’est la confiance. Confiance à la baisse pour un modèle et un mode de vie qui a pourtant fait ses preuves et assuré –quoi que l’on dise- que la majorité des français et des étrangers résidents en France puisse vivre dans de bonne condition. Confiance en berne pour un avenir qui apparaît de plus en plus perturbé. Aron nous a répété que l’histoire était tragique mais nous rêvons collectivement de nous affranchir des secousses du monde. Or, cela apparaît chaque jour un peu moins possible car la mondialisation n’est pas seulement affaire de concurrences mais aussi d’affrontements idéologiques et violents.
Dans un pays moderne, où l’information s’est largement démocratisée, la confiance entre décideurs et citoyens est essentielle au maintien du pacte social. Des efforts peuvent être demandés si chacun à l’impression d’une relative équité. Rawls l’a bien démontré en son temps. Tocqueville le premier a mis en exergue la volonté de chacun d’être aussi égal que l’autre. Or, aujourd’hui chacun croit connaître les privilèges – ou considérés comme tel- des autres et chacun pense que c’est à l’autre de faire des efforts.
Tout cela est assez normal… Sauf que ceux qui ont la charge de demander der efforts, que cela soit dans le champ du politique comme dans celui de l’économique, sont aussi sous la lumière. Le fait que l’individu lambda puisse connaître, ou croire connaître, leurs revenus, stock option et autres arrangements vient entamer la confiance et rendre inaudible un discours sur l’effort et la patience.
Dans une démocratie d’opinion, l’exemple et vertu. JF Lyotard, (La condition post-moderne, Minuit) avait montré la perte de légitimité des grands récits, pour autant le récit individuel devient témoignage et preuve d’engagement dans l’action. Il contribue à sa légitimité.
Serge Guérin
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mardi, mai 13, 2008
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samedi 19 avril 2008
Les boomers bohêmes
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samedi, avril 19, 2008
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Libellés : lien social, médias, société
vendredi 28 mars 2008
Retour sur la solidarité ?
Si l’égalité est un mirage, la fraternité est une morale. La réunion des deux se nomme-t-elle solidarité ? Patrick Savidan, dans Repenser l’égalité des chances (Grasset), propose une nouvelle politique de l’égalité des chances fondée sur des mesures fiscales et éducatives tout au long de la vie .
La solidarité n’est rien si elle reste une formule creuse pour fin de congrès. Elle repose sur le lien et la coopération mutuelle au bénéfice de tous. La solidarité nous renvois d’abord à la non-indifférence qui est la proximité même du prochain, dont parle Lévinas. Deux ouvrages ont récemment ré-interrogés cette notion moderne et nécessaire pour assurer le vivre ensemble dans une période de déstructuration des liens et des statuts. Marie-Claude Blais, dans La solidarité, Histoire d’une idée (Gallimard) revient sur le sens du terme Solidarité. Terme magnifique dont on oublie facilement qu’il nous impose des contreparties... La solidarité fonde la démocratie en créant des mécanismes qui viennent en soutien des plus faibles et qui assurent le vivre ensemble : retraite par répartition, sécurité sociale… Biais met en perspective avec beaucoup de clarté les enjeux de l’économie fondée sur la coopération dont Charles Gide apparaît commel’un des grands théoriciens. Le solidarisme se distingue du libéralisme en ce qu’il se refuse à confonde individualité et individualisme (p 196).
Pour comprendre les racines et les enjeux du solidarisme, l’ouvrage de Serge Audier sur Léon Bourgeois (Ed Michalon), est un passage essentiel. Audier décrypte d’une écriture allègre les combats de ce radical qui cherchait à bâtir la justice sociale sur autre chose qu’un Etat trop interventionniste. En refermant ce petit ouvrage, on se dit que Bourgeois faisait déjà pari du dialogue et de ma recherche du consensus. Une sorte de Danois qui s’ignore.
Serge Guérin
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vendredi, mars 28, 2008
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mardi 11 mars 2008
Retour sur les municipales et l'échec des "peoples"
Au-delà des résultats conjoncturels sur les municipales, il me semble que du point de vue de la relation du citoyen à la Cité, l'échec général des parachutés et autre people, puisse assez facilement s'expliquer :
1 Les municipales sont par essence les élections de la proximité et du lien d'usage. On vote d'abord pour celui qui prendra en charge le quotidien, y compris le ramassage des poubelles ou la bonne administration de la voirie. Comment croire que telle ou telle personnalité "vue à la télévision" puisse être crédible dans ce rôle ?
2 Dans le même registre, on notera que la crédibilité se construit en grande partie sur le partage symbolique d'un territoire commun. Autant un élu national peut vivre dans un autre cadre que le citoyen, autant l'élu municipal se doit de partager et de connaître les réalités de l'aire culturelle et géographique des votants. C'est ce qu'a compris un Juppé et ce qui explique en partie l'échec d'un Cavada.
3 Enfin, l'échec d'un grand nombre de personnalités s'explique par une sorte retour du refoulé de l'électeur qui fini par se sentir solidaire de l'élu terne de terrain par rapport au candidat brillant de l'image.
En ce sens, les municpales signent bien un phénomène national !
Serge Guérin
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mardi, mars 11, 2008
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lundi 11 février 2008
La communication comme non-évidence
La lecture du Dictionnaire d’initiation à l’info-com, qui doit sortir ces prochains jours chez Vuibert, ouvre des pistes de réflexion.
Le propre d’un dictionnaire c’est de prendre le risque du choix et par là-même de la subjectivité. Ce type d’ouvrage permet aussi au lecteur de faire ses choix, de construire son parcours, d’avoir une lecture autonome et évolutive.
Mais, avec un dictionnaire, le lecteur regarde d’abord les entrées et les termes qui manquent.
Ce dictionnaire propose un parcours assez classique dans le choix des thèmes et se distingue dans le type de références. Les auteurs mobilisent, par exemple, Arlette Farge pour analyser le thème de la rumeur.
La vision globale se place surtout du côté de l’émetteur et des supports de communication, plutôt que du côté du public, même si l’entrée existe (p 267). Très logiquement, les deux auteurs (Laurence Corroy et Jacques Gonnet) s’intéressent de ce fait fortement aux questions liées à la manipulation de l’information.
De la même façon, ils sont très sensibles à l’enjeu de l’éducation aux médias qui leur apparaît comme un moyen central de développer l’esprit critique. Peut-être faudrait-il parler plus largement d’éducation critique aux discours médiatiques, politiques et idéologiques ? Mais l’enjeu ne serait-il pas d’apprendre à ne pas chercher de réponse unique, uniforme et stable ? Pour privilégier la multiplicité et la hiérarchie des points de vue.
Mais en refermant l’ouvrage, la question demeure : en quoi la communication et l’information nous aident-elles à être plus libres et plus autonomes ? En quoi les développements de la communication ont-ils favorisé les possibilités du vivre-ensemble ?
Serge Guérin
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dimanche 3 février 2008
Retour sur les propositions Attali
Les 316 propositions de la Commission Attali semblent avoir fait long feu. Il apparaît déjà qu’elles ont raté leur objectif principal : au lieu de contribuer à une prise de conscience salutaire et de dégager des chemins de réforme, elles coalisent les frilosités, les inquiétudes et les conservatismes de tout poils. Pas plus que l’on ne peut espérer changer la société par décret, pour reprendre la célèbre formule de Michel Crozier, il apparaît impossible de moderniser par le simple volontarisme d’une Commission d’experts. Lors d’un entretien, il y a quelques semaines, Michel Rocard me rappelait, à propos de la réforme des retraites, la nécessité de réaliser les réformes une par une, pour éviter justement des coalitions d’intérêts parfaitement contre-productives. C’est exactement l’erreur de la Commission Attali. Par ailleurs, on peut le regretter mais c’est ainsi, les journalistes (à quelques exceptions comme le dossier remarquable proposé par le magazine Challenges) en sont restés à des généralités et à la mise en exergue de quelques propositions sorties de leurs contextes. Ainsi de la proposition concernant les taxis parisiens traduite par les journalistes comme la décision de tripler du jour au lendemain le nombre de taxis sur Paris et de supprimer le numerus clausus qui aurait pour effet de réduire à néant l’investissement de milliers de chauffeurs de taxi . Résultat : des chauffeurs de taxi en grève et la crispation d’une profession pointée du doigt.
Pour autant, même s’il faut se garder d’un gouvernement d’experts, la remise de rapports et la constitution de commissions ne sont pas des manœuvres dilatoires ou inutiles. Elles permettent souvent de faire éclore dans l’espace public des débats nécessaires et de favoriser – progressivement- des prises de conscience.
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Libellés : société
mercredi 30 janvier 2008
Le web 2.0 : ce qui fait révolution ?
La notion de transmission convient d’être interrogée sur le plan de l’effet de l’accélération de l’innovation technologique et de l’émergence de nouveaux médias, en particulier le web et ses prolongations.
L’informatique est d’abord entré dans le monde professionnel conduisant en quelques années à une mutation importante de certaines pratiques et rapports sociaux, en particulier dans les activités du tertiaire. La diffusion massive de la micro-informatique a eu pour double conséquence de supprimer des centaines de milliers d’emplois de secrétaires et de dactylos, et de conduire des cadres, y compris de niveau hiérarchique élevé à devoir gérer de façon autonome une large partie d’activité autrefois déléguées. La représentation du statut a, de ce fait, évolué, puisque l’une des attributs symboliques du pouvoir est passé du nombre d’assistantes à la qualité de l’équipement informatique et de communication. Aujourd’hui, dans l’ordre symbolique, le Blackberry a remplacé la secrétaire de direction.
La diffusion massive de l’informatique personnelle a entraîné aussi une transformation des temps sociaux. La séparation entre la sphère privée et la sphère professionnelle est plus perméable qu’auparavant, en particulier parce que les outils communicants peuvent être mobilisés indépendamment du contexte.
La question du rapport de la génération 68 à l’image et aux médias peut être posée.
La transmission du savoir ne tient plus seulement dans le sens traditionnel qui va du plus expérimenté au plus jeune. La modernité évolutive est marquée par une fluidité et une obsolescence croissante des savoirs. L’anthropologue Margaret Mead parle de « culture préfigurative » pour montrer que les adultes peuvent apprendre de leurs enfants ou de personnes plus jeunes. L’informatique et ses dérivés forment le lieu le plus symbolique de cette mutation. Au sein des familles, c’est souvent un enfant qui se transforme en Directeur des services informatiques local… De même dans l’entreprise, de jeunes embauchés peuvent être recrutés à des salaires plus élevés que des ingénieurs chevronnés en raison de leurs connaissances plus fraîches par rapport à certains logiciels.
Fondamentalement les changements dans les relations entre les générations concernent l’émergence de la notion de responsabilité intergénérationnelle et plus largement à la réciprocité entre les générations[1]. Loin des discours idéologiques sur la guerre des générations[2] pointant, à partir d’analyses de cohortes, une classe d’âge de privilégiés face à des jeunes sans avenir, la réciprocité entre les générations se relève dans le cadre des situations de famille ou du voisinage, dont Simone Pennec a mis en avant l’importance, c[3]omme dans celui de l’entreprise. Il importe de prendre la mesure de la formation d’un espace générationnel qui se construit dans un rapport au temps et doit se mesurer qu’a posteriori. Les générations ne se définissent plus nécessairement dans l’instant mais par la comparaison et dans une perspective historique.
[1] Attias-Donfut, Claudine, Rozenkier, Alain, et al, Les Solidarités entre générations : vieillesse, familles, État, sous la dir. de Claudine Attias-Donfut, Paris, F. Nathan, 1995. et Attias-Donfut, Claudine & Lapierre, Nicole, La famille providence, trois générations en Guadeloupe, Paris, La documentation Française,1997.
[2] Chauvel, Le destin des générations, Paris, PUF, 1998.
[3] Pennec, S. (dir.), Le Borgne-Uguen, F., collaboration Guichard-Claudic, Y., Ce que voisiner veut dire, Brest, ARS, Université de Bretagne Occidentale, Fondation de France, 2002.
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mercredi, janvier 30, 2008
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Libellés : internet, lien social, société
dimanche 27 janvier 2008
Rapport Attali : quelle croissance ?
La commission Attali a remis son rapport et son catalogue de propositions. La question première tient à la notion de croissance. Il n’y a pas une croissance mais plusieurs formes de croissances. Avec la pression écologique et l’impact démultiplié de la société de la connaissance[1], la notion de croissance est appelée à évoluer mais pas à disparaître. Les sociétés ont besoin de perspectives pour avancer et conserver une dynamique interne.
En revanche, la croissance doit recouvrir de nouvelles notions et partir d’un calcul prenant en compte les objectifs que se donne la société. Les indices de croissance, comme tout chiffre, restent un construit social : il est donc normal d’en définir la composition et qu’elle puisse évoluer.
En soi, la croissance ne veut rien dire. Par exemple a réduction du nombre de morts sur la route contribue à diminuer le taux de croissance…
Choisir la mesure de la croissance c’est déjà indiquer la société que l’on souhaite construire collectivement.
[1] http://www.finances.gouv.fr/directions_services/sircom/technologies_info/immateriel/immateriel.pdf
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dimanche, janvier 27, 2008
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Libellés : société
lundi 14 janvier 2008
Mai 68, la dernière génération ?
Le mouvement de mai 68 marque sans doute la dernière révolte générationnelle de grande envergure. Au sens où cette « révolte juvénile », pour reprendre une formule d’Edgar Morin, a été menée au nom de la jeunesse et contre les générations précédentes. Il s’agissait de casser les rapports sociaux et le formalisme hérités d’un ordre ancien et vieillissant.
Les mouvements qui ont suivi ne comportaient pas cet élément classique d’opposition générationnelle. Les acteurs, après coup, en sont eux même conscients : « il s’agissait de « vivre la dernière grande expérience générationnelle qui apportait ce sentiment d’entrer dans l’histoire [1]», explique le réalisateur Jean-Henri Roger, ancien de Mai et auteur de « Code 68 ».
Depuis, la notion de génération a pris du flou, si l’on peut dire, les émeutes urbaines de 2005 et les mouvements étudiants anti CPE ont marqué une fracture au sein des jeunes. Les émeutes ont révélé une jeunesse en rupture avec l’histoire sociale et les normes traditionnelles[2]. Le mouvement anti CPE a traduit de façon symbolique la fracture interne au sein de cette classe d’âge : des jeunes issues de certains quartiers désocialisés sont venus affronter physiquement les étudiants dans les cortèges de manifestants.
L’épisode social de l’automne 2007 a montré une autre application de la déstructuration de la notion de génération : certains étudiants ont annoncé vouloir à rejoindre les manifestions contre la réforme des régimes spéciaux de retraite alors que, d’une certaine façon, leurs enjeux et leurs intérêts sont diamétralement opposés.
Pour autant, le fait générationnel s’il est construit sur une forte référence commune ne supprime pas les oppositions et les mémoires. Dans un article récent du Monde, George Mink[3] parle du « très trompeur trait d’union générationnel » et cite l’exemple d’un débat organisé en Pologne entre D Cohn-Bendit, le leader étudiant de l’époque et député européen Vert, et A Madelin, ex militant d’extrême-droite et devenu chef de file des libéraux en France, pour célébrer une forme d’humanisme commun. Or, Mink signale que le romantisme générationnel a juste tenu le temps de faire la photo. Les oppositions sur le passé comme le présent restent fortes.
Serge Guérin
[1] In Télérama, n° 2898, 27 juillet 2005.
[2] Marlière, Eric, Jeunes en cité. Diversité des trajectoires ou destin commun ?, Paris, L’Harmattan, 2005
[3] In Le Monde, 4 janvier 2008
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lundi, janvier 14, 2008
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Libellés : Génération, société