samedi 19 avril 2008
Les boomers bohêmes
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samedi, avril 19, 2008
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Libellés : lien social, médias, société
vendredi 28 mars 2008
Retour sur la solidarité ?
Si l’égalité est un mirage, la fraternité est une morale. La réunion des deux se nomme-t-elle solidarité ? Patrick Savidan, dans Repenser l’égalité des chances (Grasset), propose une nouvelle politique de l’égalité des chances fondée sur des mesures fiscales et éducatives tout au long de la vie .
La solidarité n’est rien si elle reste une formule creuse pour fin de congrès. Elle repose sur le lien et la coopération mutuelle au bénéfice de tous. La solidarité nous renvois d’abord à la non-indifférence qui est la proximité même du prochain, dont parle Lévinas. Deux ouvrages ont récemment ré-interrogés cette notion moderne et nécessaire pour assurer le vivre ensemble dans une période de déstructuration des liens et des statuts. Marie-Claude Blais, dans La solidarité, Histoire d’une idée (Gallimard) revient sur le sens du terme Solidarité. Terme magnifique dont on oublie facilement qu’il nous impose des contreparties... La solidarité fonde la démocratie en créant des mécanismes qui viennent en soutien des plus faibles et qui assurent le vivre ensemble : retraite par répartition, sécurité sociale… Biais met en perspective avec beaucoup de clarté les enjeux de l’économie fondée sur la coopération dont Charles Gide apparaît commel’un des grands théoriciens. Le solidarisme se distingue du libéralisme en ce qu’il se refuse à confonde individualité et individualisme (p 196).
Pour comprendre les racines et les enjeux du solidarisme, l’ouvrage de Serge Audier sur Léon Bourgeois (Ed Michalon), est un passage essentiel. Audier décrypte d’une écriture allègre les combats de ce radical qui cherchait à bâtir la justice sociale sur autre chose qu’un Etat trop interventionniste. En refermant ce petit ouvrage, on se dit que Bourgeois faisait déjà pari du dialogue et de ma recherche du consensus. Une sorte de Danois qui s’ignore.
Serge Guérin
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vendredi, mars 28, 2008
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Libellés : lien social, société
mardi 11 mars 2008
Retour sur les municipales et l'échec des "peoples"
Au-delà des résultats conjoncturels sur les municipales, il me semble que du point de vue de la relation du citoyen à la Cité, l'échec général des parachutés et autre people, puisse assez facilement s'expliquer :
1 Les municipales sont par essence les élections de la proximité et du lien d'usage. On vote d'abord pour celui qui prendra en charge le quotidien, y compris le ramassage des poubelles ou la bonne administration de la voirie. Comment croire que telle ou telle personnalité "vue à la télévision" puisse être crédible dans ce rôle ?
2 Dans le même registre, on notera que la crédibilité se construit en grande partie sur le partage symbolique d'un territoire commun. Autant un élu national peut vivre dans un autre cadre que le citoyen, autant l'élu municipal se doit de partager et de connaître les réalités de l'aire culturelle et géographique des votants. C'est ce qu'a compris un Juppé et ce qui explique en partie l'échec d'un Cavada.
3 Enfin, l'échec d'un grand nombre de personnalités s'explique par une sorte retour du refoulé de l'électeur qui fini par se sentir solidaire de l'élu terne de terrain par rapport au candidat brillant de l'image.
En ce sens, les municpales signent bien un phénomène national !
Serge Guérin
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mercredi 5 mars 2008
La presse a de l'avenir
Le lancement de magazines comme XXI ou Autrement montre bien que le devenir de la presse ne s'inscrit pas seulement dans la logique de la gratuité.
Le succès de titres comme 20 Minutes ou Metro s'explique largement par la conjonction d'une tendance longue avec l'échec d'un modèle.
La tendance longue, c'est la culture de l'info gratuite : radio, TV et internet se sont inscrits dans cette approche qui conduit à faire payer en différé - par la pub- le prix de l'info.
L'échec d'un modèle c'est celui de quotidiens qui finissent par se trouver en décalage permanent avec la diversités des réalités vécues par les lecteurs potentiels.
Il me semble que la presse payante n'a que deux grandes perspectives devant-elle :
- Refaire du contenu à fort impact. C'est la démarche - réussie- de XXI mais aussi de nombreux magazines aux approches et ciblages très divers.
- Privilégier un journalisme de combat et d'opinion en rupture avec la volonté de ratisser large pour séduire les annonceurs, en évitant les prises de position trop clivantes. Marianne, Charlie-Hebdo ou Valeures Actuelles développent ce type d'approche.
Les médias affrontent une situation totalement nouvelle et destabilisante : ils ont perdu le monopole de la diffusion légitime de l'information.
Serge Guérin
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mercredi, mars 05, 2008
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dimanche 17 février 2008
Vive les vieux !
Notre société a bien du mal à sortir du jeunisme et à prendre en compte la demande sociale des plus âgés d'entre nous. C'est pour cela que j'ai cru utile de publier Vive les vieux ! aux éditions Michalon.
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lundi 11 février 2008
La communication comme non-évidence
La lecture du Dictionnaire d’initiation à l’info-com, qui doit sortir ces prochains jours chez Vuibert, ouvre des pistes de réflexion.
Le propre d’un dictionnaire c’est de prendre le risque du choix et par là-même de la subjectivité. Ce type d’ouvrage permet aussi au lecteur de faire ses choix, de construire son parcours, d’avoir une lecture autonome et évolutive.
Mais, avec un dictionnaire, le lecteur regarde d’abord les entrées et les termes qui manquent.
Ce dictionnaire propose un parcours assez classique dans le choix des thèmes et se distingue dans le type de références. Les auteurs mobilisent, par exemple, Arlette Farge pour analyser le thème de la rumeur.
La vision globale se place surtout du côté de l’émetteur et des supports de communication, plutôt que du côté du public, même si l’entrée existe (p 267). Très logiquement, les deux auteurs (Laurence Corroy et Jacques Gonnet) s’intéressent de ce fait fortement aux questions liées à la manipulation de l’information.
De la même façon, ils sont très sensibles à l’enjeu de l’éducation aux médias qui leur apparaît comme un moyen central de développer l’esprit critique. Peut-être faudrait-il parler plus largement d’éducation critique aux discours médiatiques, politiques et idéologiques ? Mais l’enjeu ne serait-il pas d’apprendre à ne pas chercher de réponse unique, uniforme et stable ? Pour privilégier la multiplicité et la hiérarchie des points de vue.
Mais en refermant l’ouvrage, la question demeure : en quoi la communication et l’information nous aident-elles à être plus libres et plus autonomes ? En quoi les développements de la communication ont-ils favorisé les possibilités du vivre-ensemble ?
Serge Guérin
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lundi, février 11, 2008
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dimanche 3 février 2008
Retour sur les propositions Attali
Les 316 propositions de la Commission Attali semblent avoir fait long feu. Il apparaît déjà qu’elles ont raté leur objectif principal : au lieu de contribuer à une prise de conscience salutaire et de dégager des chemins de réforme, elles coalisent les frilosités, les inquiétudes et les conservatismes de tout poils. Pas plus que l’on ne peut espérer changer la société par décret, pour reprendre la célèbre formule de Michel Crozier, il apparaît impossible de moderniser par le simple volontarisme d’une Commission d’experts. Lors d’un entretien, il y a quelques semaines, Michel Rocard me rappelait, à propos de la réforme des retraites, la nécessité de réaliser les réformes une par une, pour éviter justement des coalitions d’intérêts parfaitement contre-productives. C’est exactement l’erreur de la Commission Attali. Par ailleurs, on peut le regretter mais c’est ainsi, les journalistes (à quelques exceptions comme le dossier remarquable proposé par le magazine Challenges) en sont restés à des généralités et à la mise en exergue de quelques propositions sorties de leurs contextes. Ainsi de la proposition concernant les taxis parisiens traduite par les journalistes comme la décision de tripler du jour au lendemain le nombre de taxis sur Paris et de supprimer le numerus clausus qui aurait pour effet de réduire à néant l’investissement de milliers de chauffeurs de taxi . Résultat : des chauffeurs de taxi en grève et la crispation d’une profession pointée du doigt.
Pour autant, même s’il faut se garder d’un gouvernement d’experts, la remise de rapports et la constitution de commissions ne sont pas des manœuvres dilatoires ou inutiles. Elles permettent souvent de faire éclore dans l’espace public des débats nécessaires et de favoriser – progressivement- des prises de conscience.
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dimanche, février 03, 2008
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